Accueil > volontaire > L’expérience de volontaire de Clémence

Mon engagement de volontaire consistait à avoir deux façons d’aider les mamans accueillies dans la colocation :

D’abord un rôle très concret : c’est apporter une aide aux mamans accueillies à la colocation, faire les courses avec les mamans, préparer ensemble les repas, proposer des activités régulières, être à l’affut des bons plans pour les mamans, récupérer les dons de matériel pour la colocation, prendre le relais si l’enfant pleure.

L’autre aspect est plus dans la posture. Être dans l’écoute et le soutien, comme une amie, comme une sœur. C’est se rendre disponible, c’est du temps de présence gratuit. C’est accepter de prendre le temps d’écouter une des mamans, qui souhaite se livrer et raconter ce qu’elle a vécu, alors qu’on a envie de se coucher tôt ce soir-là. C’est toquer à la porte de sa colocataire, qui semble ne pas aller très bien depuis quelques jours, et prendre des nouvelles. C’est être présente toute en délicatesse, ne pas s’immiscer dans le lien mère-enfant en donnant des conseils, c’est faire confiance à la maman. C’est aussi savoir décrypter les non-dits, les demandes d’aides tacites quand la maman n’ose pas dire qu’elle n’en peut plus.

La Maison de Marthe et Marie, c’est l’engagement de cette présence, le soir, le week-end, pendant les vacances, à tour de rôle, pour ne pas laisser les mamans seules. C’est partager au quotidien ses joies et ses peines avec toutes ses colocataires.

La Maison de Marthe et Marie, c’est s’émerveiller devant l’échographie du petit bébé à naître. C’est attendre avec impatience la joie d’une naissance, et le retour de la maman et de son enfant à la colocation. C’est partager toutes les premières fois : premiers biberons, premiers sourires, premiers babillements, premiers petits pots, etc.

C’est aussi partager avec la future maman ses inquiétudes, ses doutes face à l’avenir, et tenter de la rassurer. C’est enfin se rendre compte de la joie que procure la maternité.

 

Ce que Marthe et Marie m’a apporté

J’ai appris beaucoup de choses pendant cette année à la Maison de Marthe et Marie. Moi qui pensais venir pour donner, j’ai au final beaucoup reçu.

La Maison de Marthe et Marie m’a aidé à développer cette attitude d’écoute attentive, à me mettre au rythme de l’autre, à accepter que la temporalité de l’autre ne soit pas forcément la mienne. Marthe et Marie, c’est l’école de la patience. Quelle joie de voir au fur et à mesure de l’année une colocataire s’ouvrir de plus en plus, et s’investir dans l’appartement au lieu de rester dans sa chambre, comme elle le faisait au début.

La Maison de Marthe et Marie m’a poussée à me rendre compte qu’au final, l’autre m’apporte bien plus que ce que je lui apporte. J’ai ainsi pu admirer de nombreuses fois chez les mamans de Marthe et Marie leur force intérieure, leur esprit combattif, leur foi indéfectible en l’avenir, alors même que leur vie ne semblait pas partie sur les meilleurs rails. Quelle richesse ! C’est admirer aussi chez l’autre tous ses dons : ses talents culinaires, son enthousiasme, ses idées d’activité et de sorties, sa personnalité, etc.

La Maison de Marthe et Marie, c’est l’apprentissage de la vie en communauté, avec des colocataires que l’on n’a pas choisies. C’est savoir faire des compromis, c’est laisser tomber parfois ses envies personnelles pour se mettre au diapason de la communauté. C’est, pour reprendre Jean Vanier, c’est le lieu du pardon et de la fête (c’est le titre d’un livre magnifique sur la vie communautaire que j’ai lu avant d’intégrer la colocation). Le lieu du pardon, car la communauté ne peut pas se construire et progresser si des rancœurs persistent après des conflits. C’est parfois dur, il faut parfois mettre son orgueil dans sa poche, bien au fond, et aller demander pardon à celle qu’on a blessée. C’est le lieu de la fête, surtout pour des mamans qui sont seules, et qui n’ont peut-être que cette communauté pour se réjouir avec elles de leurs joies.

La Maison de Marthe et Marie, c’est une association marquée par un profond esprit de bienveillance. C’est aussi sentir que l’on fait partie d’une grande famille. C’est suivre la vie des 4 autres colocations réparties dans toute la France, prendre des nouvelles, et se partager leurs joies, annoncer les naissances !

 

Pour finir, je reprendrai ces mots d’une amie :

 

 La mission ne se résume pas en quelques phrases, elle se vit dans les sourires donnés et reçus ; dans les moments vécus ensemble ; dans le travail fait en commun ; dans les difficultés de la vie quotidienne; dans la joie et la persévérance ; dans les incompréhensions et les moments d’impatience ; dans les progrès réalisés… Rien ne vaut le sourire d’une personne qui reprend confiance en elle, ou l’expérience de l’engagement qui ouvre de nouvelles amitiés ! Rien ne remplace la joie du don gratuit !